Randa Maroufi - Being Places

Moussem Collection / Enter #12

Le projet Moussem Collection est un engagement à long terme avec nos partenaires Mu.ZEE et M HKA.

Moussem poursuit l’édification du projet commun et multiple Sans Titre amorcé en 2007 avec le M KHA et qui a donné lieu, entre autres, à l’intégration d’œuvres de six artistes d’Afrique du Nord dans la collection permanente. À présent, les deux organisations s’engagent à un partenariat étendu autour de la construction de la collection. Chaque année, nous soutiendrons conjointement un artiste qui présentera ensuite une exposition au musée, dont Moussem et le M HKA acquerront une œuvre en copropriété et celle-ci intégrera la collection permanente du musée.

Avec Mu.ZEE, Moussem se concentre sur de jeunes artistes liés à la région MENA (Middle East and North Africa), avec une attention particulière pour ceux qui sont actifs en Belgique.Nous invitons chaque année un jeune artiste à exposer à Mu.ZEE. Ensuite, des œuvres seront achetée et intégreront la collection permanente.

Randa Maroufi est artiste plasticienne et réalisatrice. Elle est inspirée par les gens et leurs interactions dans la rue, sur les places publiques et dans les parcs. L'homme est un animal social qui par nature recherche de la compagnie. Les contacts mutuels s’accompagnent toujours de codes de conduite, de modèles et de cheminements. Randa Maroufi les observe et crée ensuite de nouvelles images qui explorent la frontière entre fiction et réalité. Elle suit des jeunes squattent dans un parc d'attraction abandonné et délabré à Casablanca (Le Park, 2015). Dans Stand-by-Office (2017), nous voyons des hommes en costume déambuler et interagir avec des collègues dans un immeuble de bureaux. Il s'agit en réalité de réfugiés qui ont trouvé un logement temporaire dans des bureaux de la municipalité d'Amsterdam-West qui étaient en période de travaux. Comment démêler le vrai du faux ? Les stratégies de Randa Maroufi font penser aux genres documentaires, mais quand on y regarde de plus près, il s'avère que les images photographiques et filmiques ont été mises en scène. Les personnes présentes dans l'image deviennent des personnages, placés comme des pions dans l'espace public. Chaque détail de l'image joue un rôle dans l'atmosphère créée par l'artiste. Pas un seul pixel ne reste inutilisé ou incontrôlé. Bien que Randa Maroufi crée principalement des images statiques et très lentes, celles-ci ne permettent pas de s’ennuyer. Les images sont pleines d'informations que nous ne voulons pas manquer. En même temps, un sentiment de malaise s'empare de nous. Quelque chose ne va pas. Que se passe-t-il ? À travers son travail, l'artiste aborde délibérément certains thèmes sociaux tels que l'inégalité des sexes et la migration. Ce faisant, Randa Maroufi se joue de nos préjugés, ainsi que de notre besoin de stimulations et de divertissements.

Sur invitation du Mu.ZEE et de Moussem dans le cadre des expositions ‘ENTER’, Randa Maroufi présente avec Being Places plusieurs œuvres récentes.

Avec Les Intruses (2018-2019), l'artiste présente une série de photographies dans lesquelles elle recherche des espaces publics qui sont habituellement et indéniablement peuplés et fréquentés majoritairement par des hommes, sans que ce soit formellement explicité. Il va sans dire que ce sont des règles non écrites qui établissent une telle « distinction » spatiale entre les hommes et les femmes. Avec son projet Les Intruses, l'artiste permet à des femmes d'infiltrer certains de ces espaces publics typiquement « masculins ». Dans les images qu'elle met en scène, les femmes revendiquent un rôle pertinent et on les voit traîner dans un café bruxellois où l'on peut regarder le foot sur un grand écran. Elles apparaissent chez un barbier, dans un pita bar ou encore dans une sandwicherie à Paris. Chaque mise en scène montre des femmes qui miment la gestuelle dite d’hommes. Elles adoptent des postures « masculins », elles traînent, jouent aux cartes ou regardent le foot. Nous prenons conscience des stéréotypes sexistes et des attentes sous-jacentes. Le temps semble s'être arrêté. Le Mu.ZEE présente quatre images de la série Les Intruses. Il ne s'agit cependant pas d'un projet achevé. Après sa création à Bruxelles et une suite à Paris, l'ambition de l'artiste est de s'infiltrer dans divers autres contextes urbains.

Le film Bab Sebta (2019) est le résultat de plusieurs années d'observation de travailleurs et travailleuses dans la contrebande à la frontière entre l'Afrique et l'Europe. Randa Maroufi, elle-même fille d'un douanier, étudie plus particulièrement la circulation quotidienne des personnes et des marchandises à Ceuta (Sebta en arabe ou berbère), une enclave espagnole d’à peine quelques kilomètres carrés sur le territoire marocain. Il s'agit en fait d'un port franc pour ses usagers et leur contrebande.
Randa Maroufi observe et reconstitue ensuite l'itinéraire des personnes qui traversent chaque jour la frontière. Elle les présente de face. En tant que vidéaste, elle garde une certaine distance lorsque la caméra passe devant les files d'attente des touristes, ou bien des usagers de la frontière. Nous voyons des hommes et des femmes, lourdement chargés comme des mules. Ce sont tous des acteurs et des actrices de leur propre vie. Randa Maroufi montre la chorégraphie de leur vie quotidienne - parfois en mouvement, souvent en attente forcée pendant des heures - et recrée de façon sublime et cinématographique la réalité brute de la vie quotidienne aux portes de Ceuta.

Diwana (2018-2020) présente une série de plans sur lesquels Randa Maroufi a demandé à des porteurs et porteuses de la marchandise de contrebande à la frontière de Ceuta d'indiquer leur itinéraire quotidien. Le résultat est un plan d’ensemble, reconstitué de mémoire, sur lequel les différents acteurs - touristes, contrebandiers, police, douanes - sont marqués de manière subjective. Les cyanotypes confirment le système informel des « bragdia », mais ils complètent également les plans plus conventionnels dessinés par les architectes et les urbanistes.

Pendant sa résidence en 2017, Randa a crée une œuvre dans la série "Les Intruses" et a participé à l'exposition Raw Poetry pendant Moussem Cities Casablanca. 

RandaMaroufi.com

Le projet Moussem Collection est un engagement à long terme avec nos partenaires Mu.ZEE et M HKA.

Moussem poursuit l’édification du projet commun et multiple Sans Titre amorcé en 2007 avec le M KHA et qui a donné lieu, entre autres, à l’intégration d’œuvres de six artistes d’Afrique du Nord dans la collection permanente. À présent, les deux organisations s’engagent à un partenariat étendu autour de la construction de la collection. Chaque année, nous soutiendrons conjointement un artiste qui présentera ensuite une exposition au musée, dont Moussem et le M HKA acquerront une œuvre en copropriété et celle-ci intégrera la collection permanente du musée.

Avec Mu.ZEE, Moussem se concentre sur de jeunes artistes liés à la région MENA (Middle East and North Africa), avec une attention particulière pour ceux qui sont actifs en Belgique.Nous invitons chaque année un jeune artiste à exposer à Mu.ZEE. Ensuite, des œuvres seront achetée et intégreront la collection permanente.

Randa Maroufi est artiste plasticienne et réalisatrice. Elle est inspirée par les gens et leurs interactions dans la rue, sur les places publiques et dans les parcs. L'homme est un animal social qui par nature recherche de la compagnie. Les contacts mutuels s’accompagnent toujours de codes de conduite, de modèles et de cheminements. Randa Maroufi les observe et crée ensuite de nouvelles images qui explorent la frontière entre fiction et réalité. Elle suit des jeunes squattent dans un parc d'attraction abandonné et délabré à Casablanca (Le Park, 2015). Dans Stand-by-Office (2017), nous voyons des hommes en costume déambuler et interagir avec des collègues dans un immeuble de bureaux. Il s'agit en réalité de réfugiés qui ont trouvé un logement temporaire dans des bureaux de la municipalité d'Amsterdam-West qui étaient en période de travaux. Comment démêler le vrai du faux ? Les stratégies de Randa Maroufi font penser aux genres documentaires, mais quand on y regarde de plus près, il s'avère que les images photographiques et filmiques ont été mises en scène. Les personnes présentes dans l'image deviennent des personnages, placés comme des pions dans l'espace public. Chaque détail de l'image joue un rôle dans l'atmosphère créée par l'artiste. Pas un seul pixel ne reste inutilisé ou incontrôlé. Bien que Randa Maroufi crée principalement des images statiques et très lentes, celles-ci ne permettent pas de s’ennuyer. Les images sont pleines d'informations que nous ne voulons pas manquer. En même temps, un sentiment de malaise s'empare de nous. Quelque chose ne va pas. Que se passe-t-il ? À travers son travail, l'artiste aborde délibérément certains thèmes sociaux tels que l'inégalité des sexes et la migration. Ce faisant, Randa Maroufi se joue de nos préjugés, ainsi que de notre besoin de stimulations et de divertissements.

Sur invitation du Mu.ZEE et de Moussem dans le cadre des expositions ‘ENTER’, Randa Maroufi présente avec Being Places plusieurs œuvres récentes.

Avec Les Intruses (2018-2019), l'artiste présente une série de photographies dans lesquelles elle recherche des espaces publics qui sont habituellement et indéniablement peuplés et fréquentés majoritairement par des hommes, sans que ce soit formellement explicité. Il va sans dire que ce sont des règles non écrites qui établissent une telle « distinction » spatiale entre les hommes et les femmes. Avec son projet Les Intruses, l'artiste permet à des femmes d'infiltrer certains de ces espaces publics typiquement « masculins ». Dans les images qu'elle met en scène, les femmes revendiquent un rôle pertinent et on les voit traîner dans un café bruxellois où l'on peut regarder le foot sur un grand écran. Elles apparaissent chez un barbier, dans un pita bar ou encore dans une sandwicherie à Paris. Chaque mise en scène montre des femmes qui miment la gestuelle dite d’hommes. Elles adoptent des postures « masculins », elles traînent, jouent aux cartes ou regardent le foot. Nous prenons conscience des stéréotypes sexistes et des attentes sous-jacentes. Le temps semble s'être arrêté. Le Mu.ZEE présente quatre images de la série Les Intruses. Il ne s'agit cependant pas d'un projet achevé. Après sa création à Bruxelles et une suite à Paris, l'ambition de l'artiste est de s'infiltrer dans divers autres contextes urbains.

Le film Bab Sebta (2019) est le résultat de plusieurs années d'observation de travailleurs et travailleuses dans la contrebande à la frontière entre l'Afrique et l'Europe. Randa Maroufi, elle-même fille d'un douanier, étudie plus particulièrement la circulation quotidienne des personnes et des marchandises à Ceuta (Sebta en arabe ou berbère), une enclave espagnole d’à peine quelques kilomètres carrés sur le territoire marocain. Il s'agit en fait d'un port franc pour ses usagers et leur contrebande.
Randa Maroufi observe et reconstitue ensuite l'itinéraire des personnes qui traversent chaque jour la frontière. Elle les présente de face. En tant que vidéaste, elle garde une certaine distance lorsque la caméra passe devant les files d'attente des touristes, ou bien des usagers de la frontière. Nous voyons des hommes et des femmes, lourdement chargés comme des mules. Ce sont tous des acteurs et des actrices de leur propre vie. Randa Maroufi montre la chorégraphie de leur vie quotidienne - parfois en mouvement, souvent en attente forcée pendant des heures - et recrée de façon sublime et cinématographique la réalité brute de la vie quotidienne aux portes de Ceuta.

Diwana (2018-2020) présente une série de plans sur lesquels Randa Maroufi a demandé à des porteurs et porteuses de la marchandise de contrebande à la frontière de Ceuta d'indiquer leur itinéraire quotidien. Le résultat est un plan d’ensemble, reconstitué de mémoire, sur lequel les différents acteurs - touristes, contrebandiers, police, douanes - sont marqués de manière subjective. Les cyanotypes confirment le système informel des « bragdia », mais ils complètent également les plans plus conventionnels dessinés par les architectes et les urbanistes.

Pendant sa résidence en 2017, Randa a crée une œuvre dans la série "Les Intruses" et a participé à l'exposition Raw Poetry pendant Moussem Cities Casablanca. 

RandaMaroufi.com

art visuel / une production moussem

24/10/20 - 24/01/21