Aya Koné

Ayant grandie dans des espaces interstitiels, Aya Koné explore la distance en tant que condition à travers la sculpture, l'écriture et la recherche sur les matériaux. Elle examine comment la connaissance se fracture et se reforme à travers le déplacement, la mémoire culturelle et les héritages incomplets.

S'inspirant des thèmes du rituel, de la réparation, de la désobéissance, du rythme et de l'esprit, son travail navigue entre les tensions de la lisibilité et de la perte, de la tradition et de la traduction. Des matériaux tels que le mycélium, la terre, le métal rouillé et les bioplastiques deviennent des agents dans cette recherche, des formes vivantes qui métabolisent le traumatisme et les soins. Une certaine forme de deuil.
La réplication devient un mode de négociation, puisant dans des objets et des architectures traditionnels pour refléter des héritages changeants. Ancrée dans le processus d'indigénisation de sa pratique, son travail explore un langage de la distance : là où les formes mutent, se traduisent mal et résistent à la stabilisation. Plutôt que de restaurer la tradition, ses œuvres en retracent le mouvement : ce qui se transmet, ce qui se fragmente, ce qui se remodèle.

Au cours de sa résidence, Aya souhaite développer une série d'œuvres autour des thèmes de la migration, de la traduction et de l'eau. S'inspirant de ses archives personnelles et de la lenteur de la bureaucratie en matière d'immigration, elle retracera la traduction à travers des processus tels que la cristallisation : par, à travers et avec l'eau. Elle s'inspire d'une phrase qu'elle a rencontrée dans un cours d'intégration allemand : « Ich bin nah am Wasser gebaut », qui se traduit littéralement par « être construit près de l'eau », mais qui décrit plutôt quelqu'un qui pleure beaucoup. Peut-être y a-t-il une possibilité à être formé ou calcifié par l'eau.

Collaboration avec M Leuven

Cette résidence s’effectue en partenariat avec le musée M à Louvain, qui est à la fois une plateforme pour les arts plastiques et qui établit des liens significatifs avec la société dans son ensemble et entre diverses disciplines artistiques, et ce à travers les siècles et les époques. M et Moussem étendent leur programme de résidence d’artistes en organisant une interaction entre leur lieu de résidence respectif (à Louvain et à Bruxelles). Ainsi, M sélectionnera deux fois par an un·e résident·e en partenariat avec Moussem. Parallèlement, Moussem et M sélectionneront un·e artiste en résidence à Louvain pour effectuer une résidence à Moussem. L’échange a pour but d’ancrer la pratique de l’artiste dans un nouveau contexte urbain et d’étendre son réseau professionnel.

Auparavant, Angyvir Padilla, résidente de long terme au Moussem, est devenu M-résident·e, tandis que Kaïn Walgrave a été accueilli dans les studios du Moussem à Bruxelles. Cette année, Aya Koné est artiste en résidence au Moussem, tandis qu'Elise El Yousfi deviendra M-résidente.